04 août 2009

Scientifique

 

 

Enchaîné, seul et nu à un mur froid et blanc

Je vois venir à moi des yeux télescopiques

Mon bas-ventre captive ces  filaments optiques

Comme la découverte d’un nouveau continent

 

« Alors ? Impressionnés ? » Je n’ai pas eu l’audace

De faire un trait d’humour et de fanfaronner

Comme Han Solo devant les obscures armées

Au lieu de ça je crois que j’ai perdu la face


Bredouillant des « pitié », des « ami », des « humain »

Mon esprit cartésien et ses belles logiques

S’est noyé dans l’épais et sombre verre de vin

De la plus effroyable de mes peurs paniques


photocopie_1

 

 

 

Un globe articulé soudain me dévisage

Et déploie son rayon jusque dans ma cornée

J’ai la vague impression qu’on fouille dans mes pensées

Devant mes yeux défilent des milliers d’images

 

M’a-t-on plongé dans un sommeil paradoxal ?

Ou est-ce le début de mon voyage astral ?

Je remonte le fil de tous mes souvenirs

Alors c’est donc ainsi que l’on se sent mourir

 

Je me vois tout petit tétant encore ma mère

Puis sanglant et serré dans le creux de ses bras

Palpitent autour de moi de rougeâtres parois

A la nuit succède une aveuglante lumière

 

 

 

Rosaline

 

Cet humain n’a aucune protection mentale

Ni barrière psychique ni pare-feu cérébral

Son corps tout entier à l’état de nature

Ne contient pas d’implants ou de nanostructures

 


rosaline_alien

 

 

Le voilà hébété par la photocopie

De son petit cerveau scanné en trois secondes

J’envoie des phéromones à travers une sonde

Il dira oui à toutes, à toutes mes envies

 

 

 

Scientifique


 

Moi qui n’ai jamais cru qu’aux sciences naturelles

Aux lois de la physique et aux équations

Et si j’avais eu tord et s’ils avaient raison

Les culs bénis de croire à la vie éternelle

 

Ô toi mon dieu que je n’ai jamais imploré

Ô toi être divin dont je me suis moqué

Sauras-tu pardonner comme le font les bons pères

Au plus ingrat de tout tes fils de la terre ?

 

Suis-je une âme, un fantôme ou bien peut-être un ange ?

Je flotte dans du lait comme dans les eaux du Gange

Toute cette blancheur me lave de mes péchés

Peut-être, peut-être enfin vais-je trouver la paix

 

De l’immaculation s’échappent des soupirs

Des formes imprécises forment comme un mirage

Je distingue une scène venue d’entre les âges

Et qui réveille en moi d’inavouables désirs

 

L’image se précise et tout devient trop clair

Mes plus anciens démons reviennent me hanter

L’on me met à l’épreuve et je dois expier

Ces honteuses pensées  venues droit des enfers

 

Cet ancien souvenir chassé de ma mémoire

Remonte comme un noyé gonflé de pourriture

Ce corps nauséabond a atteint le lavoir

De l’absolution de mon côté obscur

 

Je reconnais les murs, les meubles et l’ambiance

De cette chambre rose qui un jour a fauché

Les tout premiers émois de mon adolescence

Comme un cerf dans les phares d’un chauffeur routier

 

Je reconnais l’odeur de l’été qui s’étire

Dans les lentes volutes d’un ventilateur

Derrière un paravent j’observe sans rien dire

Une scène qui me fait bouillir de l’intérieur

 

 

r_ve__paravent_


 

Elle est allongée là il fait si chaud dehors

Sous le drap blanc s’agite la houle du plaisir

Les stores font sur sa peau comme des rayons d’or

Les yeux clos elle gémit et pousse des soupirs

 


le_reve_regard1

 

 

Plus vives que nos haines, les hontes qui nous habitent

Au lieu de se dissoudre s’aiguisent avec le temps

Je n’ai aucune envie de revivre la suite

Je n’ai pas mérité pareil châtiment

 


le_reve_regard

 

 

Car dans mes souvenirs un geste malheureux

Fit tomber devant moi l’odieux paravent

Son rire, je m’en souviens, à me voir si piteux

Son rire quand j’y repense me glace encore le sang

 


reve_la_chose

 

 

Je m’apprête à revivre ce moment pathétique

Le paravent s’écroule, elle bondit du divan

Mais au lieu de partir dans son rire hystérique

Elle touche mon épaule, me sourit puis descend


reve_la_chose_1

 

 

Mon âme toute entière en un instant se glace

Tandis que tout mon corps flambe comme un brasier

Sa bouche me dévore et ses cuisses m’enlacent

Je ne vais pas pouvoir plus longtemps résister

 

Car plus je la repousse et plus elle s’aventure

Explorant de ses doigts les failles de mon armure

Je cède à ses assauts je cède à ses caresses

Et pénètre en pleurant ses divines petites fesses

 

Me voilà en enfer et mon premier supplice

Est de voir ma vertu violée par tous mes vices

Car mon dieu quelle horreur, quelle horreur mon dieu

Je couche avec ma sœur et c’est délicieux

Posté par franckator à 20:19 - Permalien [#]